France, 2007
Scénario et réalisation : Abdellatif Kechiche
Adaptation et dialogues : Abdellatif Kechiche et Ghalya Lacroix
Interprétation : Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache, Abdelhamid Aktouche, Bouraouia Marzouk, Alice Houri
Production : Claude Berri
Montage : Ghalya Lacroix, Camille Toubkis
Distribution : Pathé
Durée : 2 h 31
Synopsis :
Sète, le port. Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible au fil des années. Père de famille divorcé, s’attachant à rester proche des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l’on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne font qu’exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d’inutilité. Une impression d’échec qui lui pèse depuis quelque temps, et dont il ne songe qu’à sortir en créant sa propre affaire : un restaurant. Seulement, rien n’est moins sûr, car son salaire insuffisant et irrégulier, est loin de lui offrir les moyens de son ambition. Ce qui ne l’empêche pas d’en rêver, d’en parler, en famille notamment. Une famille qui va peu à peu se souder autour d’un projet, devenu pour tous le symbole d’une quête de vie meilleure. Grâce à leur sens de la débrouille, et aux efforts déployés, leur rêve va bientôt voir le jour… Ou, presque…
Distinctions :
César 2008 du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario original et du meilleur espoir féminin pour Hafsia Herzi.
Prix spécial du jury lors de la 64e Mostra de Venise (2007).
Prix Marcello-Mastroianni (jeune acteur ou actrice) : Hafsia Herzi pourLa Graineet le Mulet.
Prix Louis-Delluc 2007;
Commentaires :
C’est un film de réalisme saisissant, qui est loin d’une seule constatation de la difficulté pour les immigrés de s’intégrer en France. Nous avons vu l’ambition d’un homme pour aller au bout de son rêve même jusqu’à la mort pour trouver enfin le bonheur, rendre fière sa femmes et ses enfants et surtout Rim qui est comme sa fille. Le final était envoûtant avec cette danse du ventre d’une fille qui donne tout pour son « père ».
Dans le film, la vie envahit l’écran et s’empare de la peau de ses personnages. Les rapports restent parfois durs et pleins de contradiction. La « graine et le mulet », c’est un mixte de vitesse et de lenteur : aisance de la narration qui passe d’un bloc à l’autre, d’un genre à l’autre, avec vivacité, et pesanteur de chaque scène. C’est un condensé de ce que peut être la vie d’un immigré ou la vie tout court.
Le directeur commente ainsi : « Je voulais montrer autrement ces Français d’origine arabe, aller au-delà des discriminations insidieuses en réalisant un plaidoyer énergique et décomplexé du droit à la différence et à la banalité. »
La Graine et le mulet